Paris, le 02 Octobre 2026
Pourquoi appeler aussi les entreprises ?
Ces derniers mois, les relations entre une partie du monde économique et le Rassemblement national sont devenues plus visibles.
Le 29 septembre, Bernard Fontana, PDG d’EDF, a rencontré Marine Le Pen et Sarah Knafo. EDF a indiqué rencontrer les différents acteurs politiques et être ouvert au dialogue avec les candidats à l’élection présidentielle. (Source : Reuters, 29 septembre 2026.)
En avril, le Medef a également reçu Jordan Bardella dans le cadre de ses rencontres avec les responsables politiques. Son président Patrick Martin récuse tout rapprochement avec le RN et explique dialoguer avec lui au même titre qu’avec les autres forces politiques. Cette position tranche notamment avec celle de Laurence Parisot qui, lorsqu’elle présidait le Medef, avait publiquement combattu le Front national sur son programme économique mais aussi sur ses valeurs. (Source : Le Monde, 16 avril 2026.)
Pour autant, toutes les entreprises ne se reconnaissent pas dans la normalisation croissante des relations avec l’extrême droite.
Certains dirigeants et entreprises revendiquent même clairement leur attachement à l’égalité des droits, à la solidarité et à la lutte contre les discriminations.
Mais comment permettre à ces entreprises de faire bloc autour de leurs valeurs et de montrer qu’elles sont nombreuses à les partager ?
En Allemagne, des dizaines d’entreprises avaient choisi de réaffirmer ensemble leurs valeurs et de se positionner contre l’extrême droite
En mai 2024, Siemens, Deutsche Bank, Deutsche Bahn et plus de trente autres grandes entreprises allemandes avaient lancé ensemble « we stand for value», une campagne en faveur de la diversité, de l’ouverture et de la tolérance, et contre l’extrémisme et le populisme. (Source : Radio France, 7 mai 2024)
Avec l’appel à se serrer les coudes et la mise en réseau, Solide cherche à créer un espace où chacun.e puisse se positionner, et à transformer ce positionnement en actions concrètes.
Se compter, mais surtout s’organiser
L’objectif est notamment de faire émerger de nouveaux soutiens aux associations.
Une entreprise peut ainsi rendre visible ce qu’elle est en capacité d’apporter :
quelques heures de compétences juridiques, comptables, informatiques ou de communication… ;
des bureaux ou espaces de stockage disponibles ponctuellement ;
du matériel ;
un soutien financier ou un appel à projet en cours;
ou tout simplement devenir relais en incitant ses collaborateurs et/ou ses clients à se positionner pour la solidarité sans condition aux côtés des associations.
Et pour les associations et les citoyen.ne.s ?
De leur côté, les associations peuvent faire connaître leurs besoins et les actions qu’elles mènent localement.
Les citoyen.ne.s peuvent affirmer leur positionnement, déclarer les liens qui les relient aux associations (bénévoles, bénéficiaire ou juste quelqu’un pour qui ça compte ! ) et devenir relais de solidarité en invitant leurs proches à se positionner aux côtés des associations. Plus cette mobilisation est visible, plus elle peut donner aux entreprises qui partagent ces valeurs le courage de les affirmer à leur tour.
Toutes les personnes et organisations qui rejoignent l’appel peuvent ensuite retrouver les autres participants de leur territoire dans des groupes locaux de discussion où ils peuvent échanger directement, en autonomie.
Le positionnement devient ainsi le point d’entrée d’un réseau qui permet à celles et ceux qui partagent ces valeurs de se retrouver et d’agir ensemble.
Alors que l’extrême droite gagne du terrain, renforcer celles et ceux qui font vivre les droits au quotidien
Dans un contexte où le Rassemblement national parvient, pour la première fois, à constituer un groupe au Sénat, et où des contre-pouvoirs, notamment la presse indépendante et les associations, font directement l’objet d’attaques de la part de l’extrême droite - cf. la une du JDD : « 60 milliards engloutis par les associations », ou la recommandation de M. Le Pen aux journalistes de Mediapart de porter des « costards en Kevlar » - , l’enjeu est de rendre visible un positionnement qui existe déjà mais qui reste difficile à quantifier, et de le transformer en moyens d’action concrets pour celles et ceux qui font vivre chaque jour la solidarité.
Il semble urgent de donner de nouveaux moyens aux citoyens et surtout aux entreprises de toutes tailles, de soutenir les associations de lutte contre le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, le sexisme, l’homophobie ou la xénophobie, comme de celles qui agissent pour défendre l’accès aux droits fondamentaux, la liberté de la presse et les principes démocratiques.
« Nous ne voulions pas publier un appel, compter les personnes qui le rejoignent, puis que chacun reparte de son côté. La prise de position est le point de départ. Ce que nous cherchons, c’est de casser les silos : permettre aux citoyens, aux associations et aux entreprises qui partagent ces valeurs de se relier durablement, puis transformer cette volonté de se serrer les coudes en actions et en soutiens concrets. » — Alison Mercadier, fondatrice de Solide
Les 23 premières associations à avoir rejoint l’appel à se serrer les coudes:
Académie des futurs leaders, Blutopia, Humanity Diaspo ONG, Les Midis du MIE, Alternatiba, ACCEPTESS-T, Weavers France, La Station LGBTQIA+, ASSOCIATION SOLHAME, ETHNOART, Pièces à emporter, Autremonde, Roya citoyenne, Enfance et Musique, Nature en Occitanie, Alternatiba Marseille, ROSMERTA, Watizat, Solidarité migrants, Kabubu, Réseau Solidarité Migrant Rouen, L'Ecole Change Demain, Refugee Food.
L’appel reste ouvert aux associations, citoyen.ne.s et entreprises partout en France.
Contact presse : Alison Mercadier, fondatrice de Solide — alison@solide.live — 06 58 94 15 00
À propos de Solide
Solide est un réseau indépendant et gratuit d’entraide locale qui relie associations, citoyens et entreprises pour répondre aux besoins d’intérêt général partout en France. Solide est une entreprise de l’économie sociale et solidaire.